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Accord avec le gouvernement sur la recomposition de la Cei/ Affi: "Si j'étais un acheté, je serais au Rhdp"


Le premier responsable du parti frontiste, dans cet entretien, donne les motivations de sa rencontre de lundi avec le gouvernement et se défend d’être un "acheté" à la solde du pouvoir.



Comment se porte le Fpi que vous dirigez ?

Le Front populaire ivoirien (Fpi) travaille à améliorer sa santé politique après la grave crise de 2010 et les mouvements d’humeur qui l’ont secoué. Nous travaillons à reprendre notre position sur le terrain, à enrichir notre vision stratégique de l’avenir du pays, donc notre projet de société et notre programme de gouvernement pour prendre en compte les nouvelles problématiques de la nation liées à l’évolution du pays. Nous préparons sereinement les élections de 2020.

Le Fpi est-il donc prêt pour prendre part à cette compétition électorale ?

Absolument ! En 2015, le Fpi a présenté un candidat. Naturellement, nous ne pouvons pas rester en marge de la  présidentielle de 2020 qui engage l’avenir du pays. Le Fpi a donc un candidat, même si le congrès ne l’a pas encore investi. Le Fpi a aussi un programme. Il a été  validé au cours d’un séminaire que nous avons organisé récemment.

Êtes-vous le candidat du Fpi à cette élection, même si le congrès ne l’a pas encore décidé ?

Certainement !

Les échéances électorales, en effet, pointent à l’horizon et la question de la réforme de la Commission électorale indépendante (Cei) est au centre des débats. Après avoir dénoncé la loi sur la recomposition de l’institution en charge d’organiser les élections, à la surprise générale, Pascal Affi N’Guessan est allé négocier, lundi, un accord avec le gouvernement. Qu’est-ce qui a justifié votre démarche que des partis politiques et personnalités de l’opposition qualifient de trahison ?

Nous n’avons jamais refusé les rencontres et les discussions, en dépit de notre position. Les déclarations dans lesquelles nous avons marqué notre désaccord, nous appelions le gouvernement à de nouvelles négociations. A la suite de ces déclarations, le gouvernement nous a effectivement écrit pour que nous nous rencontrions pour poursuivre les discussions. Voilà ce qui a motivé notre présence à cette rencontre avec les autorités en vue de voir comment dépasser le désaccord que nous avions manifesté après le vote du projet de loi sur la Cei.

Que répondez-vous, dans ce cas,  à ceux qui vous accusent d’être un ‘’ acheté’’ du Président de la République, Alassane Ouattara ou un otage du gouvernement ?

Si j’étais ‘’ un acheté’’, je serais au Rhdp. Je veux aussi dire que ceux qui m’accusent n’épousent pas notre idéologie. C’est-à-dire prôner le dialogue permanent pour trouver des solutions aux problèmes du moment. Pour ces gens, tant que tu n’épouses pas leur ligne, c’est que tu ne travailles pas dans la bonne direction.  Je ne suis pas obligé d’être dans la ligne qu’ils défendent. Je suis libre d’avoir ma ligne personnelle. En Côte d’Ivoire, vous savez, les gens estiment qu’il faut être avec eux ou être avec le pouvoir. Je dis non. On peut ne pas être avec l’opposition radicale ni avec le pouvoir et avoir sa propre ligne.

Pourquoi ne restez-vous pas solidaire de l’opposition en vue de faire pression sur le gouvernement en parlant d’une même voix ?

Si on peut constituer un bloc,  on le fait. Mais si on n’est pas d’accord sur la même ligne idéologique, à quoi cela va-t-il servir ? Juste parce que nous sommes des opposants ? Non, ce n’est pas de cette façon que les choses fonctionnent. On ne s’associe pas à des gens avec lesquels on n’a pas la même vision stratégique,  la manière de mener la politique. Voilà notre problème avec un certain nombre de camarades qui sont dans l’opposition. Nous ne sommes pas d’accord avec la manière dont ils voient les choses. Nous ne sommes pas pour le boycott des élections. Nous ne croyons pas que le boycott soit une solution pour défendre une cause. Le boycott est une attitude émotionnelle, sentimentale. On opte pour cette posture pour montrer que l’on est fâché. Mais en politique, la raison prime l’émotion.

Une grande partie de l’opposition vous qualifie de traitre.

Ce sont plutôt ces personnalités que je considère comme des traitres. Parce que notre mission en tant que politiques, c’est de défendre les intérêts de la Côte d’Ivoire. Quand ils se mettent au service de leurs sentiments personnels, ce sont eux qui trahissent les Ivoiriens, en permettant au pouvoir d’asseoir durablement son hégémonie. En un mot, ce sont eux les vrais traitres à la cause nationale.
Pourquoi n’avez-vous  pas associé certaines personnalités à votre demande d’aller discuter à nouveau avec le gouvernement ? Cela aurait probablement dissipé les suspicions qui planent sur vous.  
Je ne suis pas le président de tous les partis politiques, ni le leader des personnalités de l’opposition. Moi, j’ai répondu à une invitation du gouvernement que ces partis politiques ou personnalités ont refusée. On a tous été invités. Je tiens à préciser que les autres organisations de la société civile ont donné leur opinion sur les postes qui leur ont été réservés. Je voudrais rappeler qu’au niveau de la société civile, la loi réserve quatre postes et un poste pour le syndicat des avocats. D’après les informations que nous avons, tous ceux-là ont déjà désigné leurs représentants au sein de l’organe central de la Cei. Et comme nous n’avions pas encore donné le nom de notre représentant, c’est pour cette raison que cette réunion spéciale s’est tenue.

Au terme de la rencontre de lundi avec le ministre d’Etat, ministre de la Défense, Hamed Bakayoko, vous avez obtenu que le choix du président de la Cei se fasse avec l’opposition. Ce point d’accord vous satisfait apparemment.

A défaut de voir modifier la composition de la Cei issue du vote du Parlement, le compromis que nous avons pu trouver avec le gouvernement, c’est de faire en sorte que l’opposition soit bien représentée au sein de l’instance de direction de la Cei, de manière à ce qu’elle ait des moyens de contrôle et une influence sur toutes les décisions. Car nous ne voulons pas que l’opposition soit réduite à un rôle d’observateur, à faire de la figuration. Notre objectif est de faire en sorte que tous les acteurs aient un pouvoir de décision. Cela peut se régler par une commission équilibrée, mais aussi par des positions de décision dans l’organe de décision. Et la présidence de la Cei confère ce pouvoir. J’insiste pour dire que nous voulons que le président de cette institution soit choisi de façon consensuelle et qu’il soit une personnalité non marquée politiquement. Nous avons aussi souhaité que les trois entités soient représentées dans les vice-présidences de la Cei. C’est-à-dire l’opposition avec un poste de vice-président, le parti au pouvoir et la société civile. De cette façon, nous dirigerons de manière collégiale la Commission électorale indépendante. Voilà le compromis que nous avons trouvé. A cela, nous avons demandé que les négociations se poursuivent sur les conditions générales d’organisation des élections. Celles-ci touchent principalement au code électoral, à la liste électorale, au problème des pièces administratives pour s’inscrire sur le listing électoral, à la question de la transhumance, à la campagne présidentielle. Sur ce dernier point, notre proposition est que tous les candidats qui seront retenus puissent disposer d’un milliard de FCfa pour mener une bonne campagne.

Par ailleurs, je tiens à faire savoir que si nous voulons construire un Etat démocratique et pacifique, il faut que nous restions dans le jeu et le dialogue politiques. On ne peut pas attendre une éventuelle catastrophe pour voir les choses changer en notre faveur. Je suis  pragmatique. J’agis pour faire changer les choses. Je refuse d’adopter la posture de défaitiste ou d’une personne qui subit.

Le président du Pdci-Rda, Henri Konan Bédié, dans le cadre de la plateforme non idéologique qu’il envisage de mettre en place avec des partis politiques de l’opposition, vous avait rencontré. Ensuite, il s’est tourné vers Laurent Gbagbo. Les deux personnalités ont même eu une rencontre à Bruxelles dans cette perspective. Pascal Affi N’Guessan n’a-t-il pas ressenti ce revirement de M. Bédié comme une frustration ?

Je déplore simplement ce revirement du président du Pdci-Rda. Aujourd’hui, on ne sait plus si cette plateforme verra le jour. Sur le plan éthique, cette attitude d’Henri Konan Bédié n’est pas correcte. Parce que lorsqu’on a commencé avec un partenaire qui a joué un rôle important pour faire émerger l’idée de création d’une plateforme, on ne l’abandonne pas en cours de chemin pour aller flirter avec ses adversaires. Cela pose un problème de confiance. Cela dit, nous savons que nous aurons toujours besoin les uns des autres. En attendant que la nécessité de se mettre ensemble advienne, nous continuons notre travail pour améliorer notre position sur le terrain.

Interview réalisée par KANATE MAMADOU



 Lu : 85 fois | Date d'ajout : 05/09/2019 | Source : fratmat.info

     
       
 
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