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Gbagbo Laurent
 
Des suspicions sur les avocats de Gbagbo et Blé Goudé, leurs méthodes démontées


La méthode des avocats de Laurent Gbagbo et de son homme de main, Charles Blé Goudé, a été dénoncée et décriée par des journalistes invités sur le plateau de la télévision TV5 Monde, au cours d'un débat, le samedi 4 mai 2018.


Le Franco-sénégalais Assane Diop, journaliste à Radio France internationale (Rfi), Vincent Hugeux, journaliste à l’Express, spécialiste de l'Afrique et auteur de « Kadhafi », Denise Epoté de TV5 Monde, et Fanny Pigeaud, journaliste, ont ainsi démonté et criblé de critiques Me Emmanuel Altit et son équipe. Ils font preuve, selon les invités, «  d'amateurisme » dans la défense de l'ancien chef de l’État ivoirien. Assane Diop, particulièrement en verve, a relevé ce qui, à ses yeux, apparaît comme une carence des avocats, dans la conduite de leur plaidoirie.


Dans ce débat à charge contre la Cpi, la procureure Bensouda et les avocats de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, les invités de TV5 Monde ont étalé les insuffisances de l'équipe de Me Emmanuel Altit, et mis en lumière ce que cache leur jeu dans ce procès hautement politique et à gros sous. Assane Diop, qui a ouvert le feu en premier, pointe une « responsabilité » des avocats de Laurent Gbagbo dans les 12 premiers et le 13ème rejet de la liberté provisoire de Laurent Gbagbo, estimant qu'ils ont loupé le coche en axant leur argumentaire sur « l'état de santé et l'âge » du fondateur du Front populaire ivoirien (Fpi). Pour lui, il aurait été utile et avantageux pour Laurent Gbagbo, dans cette 13ème demande, soit « de s'attaquer au fond du dossier », soit de s'en prendre à Luis Moreno Ocampo, l'ancien procureur de la Cour pénale internationale (Cpi) « qui avait inculpé Laurent Gbagbo et instrumentalisé le dossier ».


« Le cas Gbagbo est devenu aujourd'hui une sorte de routine. Cette fausse routine résulte de la responsabilité de la défense… La défense de Laurent Gbagbo a sa part de responsabilité. Comment voulez-vous, uniquement, demander la libération de votre client, et avancer comme argument, son état de santé et son âge, au lieu de s'attaquer au fond du dossier et des distorsions au niveau du dossier ou même invoquer le procureur qui l'avait inculpé qui s'appelle Luis Moreno Ocampo ? », s'est plaint Assane Diop. Qui poursuit : « on a découvert, au fil des enquêtes, que ce monsieur n'était pas si blanc que ça. Il a instrumentalisé, au moment où il y était, la Cpi, et après son départ de la Cpi. Voilà, un motif qui méritait également une demande de remise en liberté. Mais, jamais la défense n'a utilisé ces informations qui ont fait la Une des médias… Mais, on invoque l'état de santé de Monsieur Gbagbo. Évidemment, les magistrats ont fait appel à une commission médicale qui a statué. On n'a pas de raison de douter de cette commission ».


Une affaire politique et de gros sous. Et puis, une fois que ce rejet a été annoncé, l'un des avocats conseil, qui s’appelle Habiba Touré, a dit « qu'elle est en colère », car « c'est de l’acharnement judiciaire ». « Mais attendez, c'est une réaction bateau. Ce n'est pas une réaction qui est à la hauteur de ce dossier, et à la hauteur du destin de ce Monsieur (Laurent Gbagbo) », s'est encore enragé Assane Diop. « On est droit de se demander à quoi joue la défense de Gbagbo ?», s'est-il littéralement emporté sur un ton accusateur.


Assane Diop a été, dans son développement, soutenu par Denise Epoté, d'autant plus que, selon Stéphanie Pigeau, pour la détention, «  on est aujourd'hui au-delà du délai raisonnable concernant les normes de la justice internationale ». Tous, sur le plateau de TV5 Monde ont décrié l'approche des avocats de Gbagbo.


On a appris, au cours du débat, que la défense de Gbagbo et Blé Goudé va « déposer une demande de non-lieu,  qui pourrait être accordée par les juges ». Assane Diop et les autres invités ont, unanimement, trouvé une justification au comportement des avocats de Gbagbo et Blé Goudé dans ce procès. Une affaire de gros sous…


A relire: Cour pénale internationale / Gbagbo et Blé Goudé demandent l’acquittement


Pour eux, les avocats tirent les marrons du feu, au point qu'ils manœuvrent pour faire traîner le procès… « Il y a des choses assez étranges, inquiétantes et surprenantes. La défense s'est appuyée sur l'argument de la santé, alors qu'il y a tout un tas de choses qui ont évolué depuis la dernière demande de mise en liberté », a dit l’un des débatteurs. Ils dénoncent le fait que la défense n'avance pas d’autres arguments. « La défense de Gbagbo est payée par la Cpi. Tant que le procès va durer, ils vont recevoir quasiment leurs honoraires. Gbagbo étant reconnu indigent, c'est la Cpi qui prend en charge les honoraires de ses avocats », font valoir Assane Diop et Fanny Pigeaud.


Vincent Hugeux, pour sa part, trouve improbable l'argument de la fuite de Gbagbo, invoqué par la Cpi pour lui refuser la liberté provisoire. Il a estimé que « nous sommes en face d'un cas d'amateurisme dans les cas de Gbagbo et Blé ainsi que chez la procureure ». Il en conclut que «  c'est un tragique fiasco judiciaire, une carence, en terme de professionnalisme, qui est sidérant ».


Pour lui, « on devrait avoir la crème de la crème des magistrats et des juristes du monde. Or, qu'est-ce qu'on a ? De l’amateurisme dans le camp de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé. De l'amateurisme chez la procureure  et scandale judiciaire », martèle Vincent Hugeux. Qui met en doute la crédibilité de la Cpi dans l'affaire Laurent Gbagbo. Selon lui, « Fatou Bensouda n'a jamais été capable de démontrer le plan commun délibéré, ce fameux plan pour le maintien de Gbagbo au pouvoir  ». Sa détention à la Cpi, assure Assane Diop, découle d'un plan politique. « La détention de Laurent Gbagbo a été orchestrée politiquement à l'avantage d'Alassane Ouattara. C'est incontestable et à l'avantage de ceux qui avaient contribué à la chute de Laurent Gbagbo, à commencer par Nicolas Sarkozy, la France et l’ambassadeur de France, à l'époque, qui est aujourd’hui conseiller privé d'Alassane Ouattara. C'est une erreur ». Assane Diop a qualifié de « ridicule » la démarche de certaines chefs d’État africains auprès de François Hollande, en vue d'obtenir la libération de Laurent Gbagbo. « Ce n’était pas sérieux cette attitude », a commenté le journaliste de Rfi, qui a estimé que cette démarche est arrivée en retard, «  eux qui n’ont pas réagi au départ, lorsqu'une intervention sous le label de l'Onu a abouti à l'éviction de Laurent Gbagbo ». Les visites rendues à Laurent Gbagbo, à La Haye par certains hommes politiques ivoiriens, sont interprétées par Vincent Hugeux, comme résultant des « calculs de trajectoires personnels, pour avoir la caution de ce grand homme pour se positionner à l'avenir ». Tous ont reconnu dans ce procès, que «  le ver est dans le fruit depuis le début de ce procès ».


Au total, ce fut un débat à sens unique et à charge contre l’institution judiciaire internationale. Tous les invités, Assane Diop, Vincent Hugeux et Fanny Pigeaud ont pris le parti de Laurent Gbagbo, et tiré à boulets rouges sur tous les acteurs ivoiriens et internationaux ayant joué un quelconque rôle dans la chute et la détention de Laurent Gbagbo, à La Haye.


 


Armand B. DEPEYLA


 Lu : 13 fois | Date d'ajout : 08/05/2018 | Source : linfodrome.com

     
       
 
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