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Dans la presse
 
CONFERENCE DE PRESSE DU PRESIDENT DU FPI


-          Mesdames et Messieurs les journalistes,


-          Chers amis de la presse nationale et internationale,


-          Camarades militantes, Camarades militants,


-          Chers invités,


-          Mesdames et Messieurs


Je vous remercie de votre présence massive à cette rencontre d’information et d’échanges qui est devenue un rituel et auquel nous sacrifions avec responsabilité, pour assumer pleinement notre rôle de principal parti de l’opposition en Côte d’Ivoire.


L’objectif de la présente conférence de presse est de vous entretenir sur l’actualité nationale et internationale, et de faire connaitre à l’opinion la position du Front Populaire Ivoirien (FPI) sur des sujets brûlants de l’heure.


Depuis la fin de l’élection présidentielle du 25 octobre 2015, un certain nombre d’évènements interpellent nos consciences en tant que citoyens et leaders politiques, en ce qu’ils entretiennent la crise dans notre pays et portent gravement atteinte à sa dignité et à son honorabilité.


Je parlerai tout particulièrement de la situation dans les services de santé, à l’université de Cocody et à l’Education nationale, dans les Services judiciaires, au plan sécuritaire et au niveau des Institutions, notamment à la tête de l’Etat et à la Présidence de l’Assemblée Nationale.


A la Santé Publique, les nombreuses insuffisances au sein des formations sanitaires ont entrainé le décès en couche de deux dames, les 16 et 19 novembre 2015 à Abidjan.


Face à l’émotion suscitée dans l’opinion par ces drames, le gouvernement s’est précipité pour procéder à l’arrestation, sans enquête préalable, des deux (2) sages-femmes en service ce jour-là, et en fermant les yeux sur sa propre responsabilité dans la faillite du système sanitaire et dans la multiplication et la répétions de ces drames :


-          Absence d’une véritable politique de renforcement des capacités et de motivation du personnel de santé,


-          Vétusté des plateaux techniques, inadaptation des lits dans les salles de maternités et dans les services d’urgence ;


-          Problèmes de disponibilité et de gratuité des ambulances pour les évacuations sanitaires, en cas d’urgence ;


-          Insuffisance du management des services publics de santé ;


-          Etc..


Imprégné de ces réalités et considérant ses deux membres comme des boucs émissaires, le syndicat des sages-femmes a vivement réagi à leur arrestation, entrainant une atmosphère délétère dans les maternités du pays.


L’université de Cocody connait à nouveau des soubresauts avec des nouvelles violences sanctionnées par des destructions de biens publics et la mort d’un étudiant membre de la FESCI. Ici aussi, le gouvernement a choisi le raccourci de la répression aveugle. Douze (12) responsables syndicaux ont été radiés de l’université. La FESCI et l’AGEECI sont suspendus.


Pour protester contre ces mesures, les syndicats estudiantins s’organisent à l’heure actuelle et menacent de descendre dans les rues.


A l’Education nationale, les élèves ont décidé d’autorité de se mettre eux-mêmes en vacances, défiant l’autorité des Chefs d’établissement et des pouvoirs publics. Les établissements scolaires récalcitrants sont l’objet d’attaques organisées, à coups de cailloux.  Les Services de police sont débordés et la quasi-totalité des établissements scolaires ont dû capituler pour éviter des drames.


A Nouvel Osrou, un village dans le département de Dabou, un conflit de chefferie s’est soldé par deux (2) morts par balles, à la suite d’une intervention musclée de la gendarmerie pour rétablir l’ordre public.


A la Justice, tous les tribunaux sont à l’heure actuelle paralysés par la grève des greffiers. Ceux-ci réclament de meilleures conditions de travail. Que fait le gouvernement ? Le raccourci de la répression bien évidemment avec l’arrestation de deux (2) responsables syndicaux. Leurs collègues ont décidé de reconduire le mouvement de grève jusqu’au 18 décembre 2015 et menacent de déclencher une grève générale si leurs revendications ne sont pas satisfaites.


La violence et la mort continuent de hanter le Sud-Ouest ivoirien. Une énième attaque a été perpétrée le mercredi 02 décembre 2015 dans la localité de Olodio, située entre Grabo et Tabou. Les Autorités font état de onze (11) morts, militaires et civils. Selon un schéma devenu classique, on procède à des arrestations. Qui arrête-t-on ? Des militants et sympathisants de l’opposition politique notamment le FPI ; huit (8) personnes détenues au secret parmi lesquelles le fils du Secrétaire Général de la Fédération FPI de Tabou.


Tout en exprimant mes condoléances aux familles endeuillées, je voudrais, au nom du FPI, condamner avec la dernière énergie, à la fois ces attaques meurtrières et la logique des boucs-émissaires et des arrestations arbitraires dans laquelle les Autorités ivoiriennes se sont installées, pour masquer leur incapacité et leur impuissance à instaurer une paix durable en Côte d’Ivoire.


Cette persistance de la crise dans laquelle la Côte d’Ivoire s’enlise, cette impuissance à changer les choses et à donner espoir aux Ivoiriens, sanctionne une obstination dans l’erreur stratégique, une puissance d’aveuglement qui conduit à des initiatives mensongères et à la fuite en avant. Le mensonge n’est pas une simple absence de vérité, par ignorance ou par erreur. Est mensongère toute initiative qui vise à dissimuler, à maquiller, à distraire, à égarer, à endormir.


De la CDVR aux consultations récentes engagées par le Chef de l’Etat à son retour d’un énième séjour en France, en passant par la CONARIV et le dialogue politique avec l’opposition, nous sommes en plein et en permanence dans le mensonge et la fuite en avant. Que veut le Président Alassane Ouattara ?


Les Ivoiriens veulent la sécurité et la paix. Que veut le Chef de l’Etat ?


Les Ivoiriens veulent une justice impartiale, la liberté et la démocratie. Que veut le Chef de l’Etat ?


Les Ivoiriens veulent la réconciliation nationale et la cohésion sociale pour bâtir une nation forte, une économie prospère et le progrès pour tous.


 Si le Chef de l’Etat veut sincèrement la paix, la sécurité, la justice et la démocratie en Côte d’Ivoire, qu’il libère les prisonniers politiques, qu’il organise le retour sécurisé de ses compatriotes exilés en masse dans le monde ou croupissent dans des camps de réfugiés et qui constituent une honte pour le pays ; qu’il dégèle les comptes et avoirs de ses opposants politiques et libère les médias d’Etat.


Si le Chef de l’Etat veut franchement la réconciliation nationale et ambitionne réellement de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergeant en 2020, dans cinq (5) ans, qu’il convie toutes les forces vives de la nation (Autorités traditionnelles et coutumières, religieuses, administratives, organisations patronales et syndicales, partis politiques, Organisations non gouvernementales et de la société civile, jeunes, femmes, diaspora, etc.) non à des consultations, mais à un dialogue national franc et sincère sur l’état de la Nation et de la République :pour analyser, comprendre et fonder de façon consensuelle un nouveau pacte pour la paix pour l’unité nationale et pour la prospérité économique et sociale. Il faut enfin, maintenant, que se tiennent les Etats Généraux de la République. Il faut urgemment que reprenne le dialogue politique pour préparer les E.G.R.


Pour juguler la pauvreté, pour faire face efficacement à la menace terroriste à laquelle sont exposées aujourd’hui toutes les Nations du monde, y compris la Sous-Région Ouest-africaine, la Côte d’Ivoire a besoin de paix, de stabilité et de cohésion.


C’est le lieu de saluer l’engagement de notre pays dans la grande coalition que 34 pays à travers le monde ont décidé de constituer avec l’Arabie Saoudite pour combattre militairement et idéologiquement ce fléau qui menace le monde civilisé.


Cet engagement contre le terrorisme signifie que la Côte d’Ivoire a fait le choix de la paix, de la sécurité internationale et des droits de la personne humaine comme valeurs fondamentales dans l’ordre national et international.


Or depuis quelques semaines, Monsieur Guillaume SORO, Président de l’Assemblée Nationale, deuxième personnalité de l’Etat de Côte d’Ivoire, est impliqué dans des affaires qui jurent avec ces valeurs, qui entachent gravement son honorabilité et sa crédibilité, et qui par ricochet, ternissent l’image de notre pays. Il s’agit d’une part de l’émission d’un mandat d’amener par le juge d’instruction Sabine Kheris dans le cadre d’une procédure judiciaire engagée à son encontre par la justice française, et d’autre part de conversations téléphoniques que Monsieur Guillaume Soro a eues avec Monsieur Djibril BASSOLE, ancien ministre du régime déchu du Président Blaise Compaoré, conversations téléphoniques dont le contenu a ému la planète entière, et pour cause.  Monsieur Guillaume SORO y révèle son implication financière et opérationnelle active dans la tentative de coup d’Etat à laquelle était confronté le Conseil National de Transition (CNT) au Burkina Faso. Plus grave, le Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire y fait l’apologie de l’assassinat politique comme mode de gouvernement. « Est-ce que toi, tu t’imagines que nous, on aurait pu faire ce qu’on est en train de faire si TAGRO et IB étaient vivants ? » reconnaissant implicitement qu’il est auteur ou co-auteur de la mort de ces deux personnalités.


En conséquence et dans l’intérêt du Burkina Faso selon lui, il supplie son interlocuteur de le laisser s’occuper personnellement de l’élimination physique de deux personnalités Burkinabé membres de la transition qu’il considère comme des obstacles à la réalisation de ses ambition politique pour le Burkina Faso. «Ça, je ne vais pas laisser. Non, non…, les gens ne peuvent pas vivre et vous allez  être tranquille…., ils ne peuvent pas être vivants et le Burkina va être tranquille ». 


Un Etat qui respecte, une nation jalouse de sa dignité, ne peut pas tolérer d’avoir à sa tête un personnage d’une telle culture de l’action politique animé de telles intentions, engagé dans de telles actions. C’est pourquoi Monsieur Guillaume SORO doit démissionner de la Présidence de l’Assemblée nationale. Il l’a déshonorée. Il a honni la Côte d’Ivoire. Il doit partir.


A cet effet notamment, j’ai sollicité une audience avec le chef de l’Etat et j’entends rencontrer les leaders des partis politiques représentés à l’Assemblée Nationale afin d’examiner ensemble et avec la bonne volonté de l’intéressé, une solution apaisée à cette situation     


En tout état de cause et au regard du tableau préoccupant que présente notre pays à l’heure actuelle, je voudrais réaffirmer à nos compatriotes la détermination du Front Populaire Ivoirien à poursuivre en 2016 la lutte pour les libertés, pour la justice et pour la dignité du peuple ivoirien.


2016 sera l’année de la lutte pour la reconquête des libertés démocratiques, afin que 2020 soit l’année du changement démocratique.


 


Je vous remercie.


 Lu : 2081 fois | Date d'ajout : 16/12/2015 | Source : affinguessan.com

     
       
 
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