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Audience
 
Propos liminaires de la Conférence de presse du 27 novembre 2017 du président Pascal Affi N’Guessan


Mesdames et Messieurs les journalistes


Chers amis de la presse nationale et internationale


Les 29 et 30 novembre 2017, se tiendra à Abidjan, capitale économique de notre pays la Côte d’Ivoire, la cinquième édition du sommet Union Africaine (UA)-Union Européenne (UE).


Ce sommet qui se tient pour la troisième fois en Afrique et pour la première fois en Afrique de l’Ouest est un cadre de dialogue formel dans la mise en oeuvre de la stratégie commune adoptée en 2007 pour servir de filière officielle dans les relations de coopération entre l’UE et les pays africains.


Après avoir analysé les progrès réalisés depuis le sommet tenu à Bruxelles en 2014, les dirigeants africains et européens auront l’occasion de donner des orientations politiques en vue de répondre conjointement aux défis actuels et futurs.


Le choix de notre pays pour abriter ce sommet et le thème de cette rencontre, à savoir : « Investir dans la jeunesse », pour un développement durable, ainsi que les autres questions qui seront examinées, notamment les questions de :


- La paix et la sécurité ;


- La gouvernance, notamment la démocratie, les Droits de l’Homme, les migrations et la mobilité ;


- L’investissement et le commerce ;


- Le développement des compétences ;


- La création d’emploi ;  


sont d’une telle importance que le FPI et l’AFD ne pourraient ne pas s’exprimer pour, non seulement saluer la présence sur notre sol des dirigeants de ces deux continents dont les relations ont marqué et continuent de marquer l’histoire du monde, mais surtout les interpeller sur les souffrances des populations africaines et les espoirs qu’elles placent dans leur leadership et leur action.


Nous savons que l’Afrique et l’Europe entretiennent des relations de longue date, notamment sur la base d’une série d’accords entre l’Union européenne (UE) et le groupe des 79 pays ACP (Afrique subsaharienne, Caraïbe, Pacifique).


En Afrique, l’UE, est le premier investisseur, le premier partenaire commercial et le premier acteur contributeur de l’aide humanitaire.


L’Afrique de l’Ouest en particulier est le premier partenaire commercial de l’UE en Afrique subsaharienne, tandis que l’UE est le plus grand partenaire commercial de l’Afrique de l’Ouest. Il convient de noter également que l’UE fournit une grande partie des équipements qui contribuent à la croissance économique et au développement de cette zone et constitue le principal marché d’exportation des produits transformés d’Afrique de l’Ouest (pêche, agroalimentaire, textile, etc.).


Par ailleurs, le commerce des services entre l’UE et l’Afrique de l’Ouest se développe, couvrant notamment les domaines du transport et de la logistique, des voyages et des services aux entreprises. L’Afrique de l’Ouest est également la destination d’investissement la plus importante pour l’UE en Afrique.


En ce qui concerne notre pays la Côte d’Ivoire, elle entretient une coopération privilégiée avec l’Union Européenne, dans le cadre du groupe des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Ce groupe a conclu le dernier accord de Cotonou qui doit prendre fin logiquement en 2020.


Selon les statistiques du ministère de l’Economie et des Finances en 2017, l’UE et ses membres totalisent 22% des financements des partenaires techniques et financiers en Côte d’Ivoire.


En 2016, pour la gouvernance et les Droits de l’Homme, la justice a bénéficié de 18 millions d’euros, soit environ 12 milliards de Fcfa pour l’amélioration du fonctionnement afin de garantir le respect des droits des justiciables sur tout le territoire. 11 millions d’euros, soit plus de 17 milliards de Fcfa à l’hydraulique et l’assainissement.


Dans le secteur de la santé, ce sont 15 millions d’euros, soit prêt de 10 milliards de Fcfa d’investissements par l’UE qui ont été consacrés aux projets et infrastructures sanitaires. 29 millions d’euros, soit environ 19 milliards de Fcfa ont été alloués aux secteurs de la formation professionnelle et de l’emploi.


Au niveau de la société civile, l’UE constitue le plus gros bailleur de fonds. A ce titre, en 2016, 4 millions d’euros, soit 2,7 milliards de Fcfa ont été alloués pour contribuer à la consolidation de la démocratie, à la promotion de la bonne gouvernance et à la facilitation du partenariat.


Il faut noter enfin que pour le PND 2016-2020, l’UE s’est engagée à consentir une enveloppe financière de plus de 3 milliards d’euros, soit près de 2000 milliards de Fcfa.


Malgré cette ancienne et étroite coopération avec l’Europe, le continent africain continue de souffrir de la mal-gouvernance, de la pauvreté et de l’insécurité. La Côte d’Ivoire n’échappe pas à cette triste réalité. C’est pourquoi, je voudrais dire aux honorables Chefs d’Etats et de gouvernements qui fouleront le sol ivoirien, de ne pas se fier aux apparences. Car, en Côte d’Ivoire, les apparences sont trompeuses, les discours, démagogiques et mensongers. Derrière les façades fraichement blanchies, les rues précipitamment nettoyées et débarrassées de leur traumatisant embouteillages, au-delà des discours d’autosatisfaction et d’autocélébration que vous allez entendre, retenez que la Côte d’Ivoire est un pays en crise et qui peine à se relever, un pays malade.


Comme dans un certain nombre de pays africains, le régime autocratique qui gouverne la Côte d’Ivoire a conduit le pays, l’Etat, à la faillite. Cette faillite s’observe aussi bien au plan politique, économique et que social.


Au plan politique, le pays est toujours divisé à la suite de la grave crise qu’il a connue de 2002 à 2011. Malheureusement, le pouvoir qui a été installé par la force des armes en 2011, refuse obstinément de s’engager dans la voie de la réconciliation nationale. Les Ivoiriens ne constituent pas une communauté nationale soudée, unie, solidaire et capable de prendre en main son destin pour bâtir son pays.


La faillite politique s’observe aussi au niveau des Institutions de la République. La justice est caporalisée, instrumentalisée au profit d’un clan pour réprimer les adversaires politiques.


Près de 200 prisonniers politiques croupissent à l’heure actuelle encore en prison. Certains d’entre eux n’ont jamais rencontré un procureur pour  se voir notifier les raisons pour lesquelles ils sont en détention. D’autres sont détenus au secret. Certains sont morts en détention, d’autres ont perdus la raison du fait des traumatismes liés aux tortures qu’ils subissent. Sam l’Africain et Samba David sont détenus arbitrairement, alors qu’ils ont purgé les peines pour lesquelles ils ont été arrêtés : offense au chef de l’Etat pour l’un, protestation contre la vie chère pour l’autre. Ces personnalités illustrent le cas de nombreux Ivoiriens qui aujourd’hui, croupissent en prison, en violation de leurs droits. Cette situation constitue une grande préoccupation pour la classe politique ivoirienne, en particulier, pour l’opposition.


En 2010, nous avons connu un taux de participation de 80 % à l’élection présidentielle. Mais à cause des traumatismes vécus en 2011, l’élection législative qui a suivie a été un désert électoral. Depuis cette date, les taux de participation aux élections n’ont jamais dépassé 30%. A l’occasion des élections législatives de 2016, dans plusieurs circonscriptions électorales, des députés ont été élus avec des taux de participation tournant autour de 10%. Ce qui pose un problème réel de légitimité et explique la défiance des ivoiriens vis-à-vis des Institutions de la République et de la vie politique de leur pays.


En dehors de la justice des vainqueurs, il y a l’Administration des vainqueurs et l’armée des vainqueurs. Les évènements que le pays a vécus en début d’année 2017, témoignent à travers des mutineries à répétition de l’échec du processus DDR et de réformes du secteur de sécurité.


La faillite de l’Etat se constate aussi au niveau de la gouvernance économique où le racket, la corruption et la fraude sont institués en système de gouvernance. Le harcèlement fiscal asphyxie les entreprises.


En Côte d’Ivoire, investir dans la jeunesse, c’est les armer de kalaches et les abandonner par la suite sans emplois et sans ressources. En Côte d’Ivoire investir dans la jeunesse, c’est pour chasser élèves et étudiants sur les campus, interdire leurs activités syndicales, les racketter aux examens et concours et les embastiller pour les faire taire.


La faillite des Etats africains constitue la première source de la pauvreté et de l’insécurité, la cause de ces ‘’migrations du désespoir’’.


La coopération internationale ne portera de fruits pour les populations africaines, en particulier pour la jeunesse africaine que si la gouvernance change, si l’Etat et les Institutions de la République sont conçus et mobilisés pour servir la justice, les libertés politiques, économiques et sociales, pour protéger la propriété privée et pour assurer la défense et la sécurité nationale.


Je lance un appel solennel aux Chefs d’Etat d’Afrique et d’Europe, réunis à l’occasion de ce sommet, en terre ivoirienne, afin qu’ils fassent en sorte que la libération de tous les prisonniers politiques par le régime de Monsieur Alassane Ouattara, le retour de tous les exilés politiques et la normalisation démocratique de la vie politique nationale soit les premiers fruits de cette rencontre.


Le président du Front Populaire Ivoirien


Pascal Affi N’Guessan


 Lu : 238 fois | Date d'ajout : 28/11/2017 | Source : affinguessan.com

     
       
 
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